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Ferny Besson : Nostalgie, rigueur et carnaval

761 vues | 15.03.11 | 10:52

Un écrivain n’est pas nécessairement celui qui a écrit beaucoup de livres. Cest celui qui a inventé un monde, le sien, en même temps que sa manière de l’exprimer.
Les deux sont indissociables. De leur combinaison naît un style.
Il y a un univers et un ton , il y a un style Vialatte. En quelque endroit qu’on le rencontre — reportage, essai, roman, chronique — on le reconnaît instantanément. C’est une harmonie étrange qui ressemble à un fouillis ordonné, un mélange poétique et saugrenu de sérieux et de désinvolture. Composée de paradoxes, la construction simpose par son équilibre parfait.
Ce qui dans ce style charme — au sens précis du mot — c’est son naturel. On sent bien qu’Alexandre Vialatte ne possède si bien son style que parce qu’il est d’abord possédé par lui. Il y puise ses joies et ses tourments aussi chers que ses plaisirs. Ses forces de vie.
Infiniment multiples, et qu’il s’emploie d’ailleurs sans cesse à multiplier, elles sont toujours aux ordres d’une trinité souveraine : nostalgie, rigueur et carna­val.
Puissances difficilement conciliables : non-mesure, mesure et démesure. Et c’est tout l’art de Vialatte d’avoir su orchestrer leurs exigences. A la fois riva-les et complémentaires, elles ont dominé son esprit sa vie durant.
La nostalgie même.
D’ordinaire, la nostalgie naît avec le temps, l’expérience, l’évanouissement des illusions, des amours et des années passées. Elle est le fruit de lectures et de l’usure, de souvenirs et de déceptions.
Chez Vialatte, il n’en est rien. Cette maladie (ou bien cette grâce ?) a précédé les causes habituellement reconnues. Il est né nostalgique. Au sortir de l’enfance, jeune collégien sportif en culottes courtes, il pleure déjà ses joies futures qu’il devine vaguement, dont il imagine les délices, la fin, et dont le souvenir l’enchante bien avant de les avoir vécues. Il semble venu au monde avec une mémoire antérieure dans laquelle se débattent déjà ses besoins contradictoires, ses gestes et ses voyages inachevés, ses faims inassouvies. Par tempérament, il est saturé de nostalgie.
Elle est sa première patrie — celle du présent, de l’avenir et du passé confu­sément mêlés ; terre improbable d’un paras partiellement oublié. Pays de songes et de joies exaltantes mais éteintes, plus tristes que la tristesse et tellement séduisantes (…) (Barbizon, octobre 1982) (In catalogue Alexandre Vialatte (l’irréfutable)).

 



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Alexandre Vialatte
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Autocaricature d'Alexandre Vialatte Jean Blanzat Alexandre et Hélène Vialatte Photo de Pierre et Alexandre Vialatte Lettre de Jean Dubuffet A Barbizon avec les Besson Dessin de Chaval Revue : Le Crapouillot Alexandre Vialatte devant l'entrée de La Montagne Alexandre Vialatte lisant Bandeau du Fidèle Berger Manuscrit d'une Chronique de La Montagne
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