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04/01/15 Est-ce ainsi que l'Auvergne est grande ?
17/12/14 Femme Actuelle : Alexandre Vialatte, un abécédaire
06/12/14 Les Prix avant le Prix (un historique)
03/12/14 Prix Vialatte 2015, conseils de lecture
16/11/14 Eva Bester, Vialatte comme Remède à la mélancolie
16/11/14 L'Abécédaire salué
04/11/14 Vialatte et l'homme de Novembre par Gavin's Clemente Ruiz

Marie-Hélène Lafon : La mort en ses jardins.

Marie-Hélène Lafon est originaire du Cantal. Auteure d’une dizaine de romans et recueils de nouvelles (Le soir du chien, Liturgie, Les derniers indiens, L’annonce/Buchet Chastel), tous très ancrés dans le réel du monde paysan. Réel qu’elle transcende et porte en littérature par la force d’un style très épuré, généreux sous l’apparente âpreté.
L’an dernier, elle publiait Les pays et Album (Buchet-Chastel). Cette année, Joseph, son nouveau roman, figurait sur la liste du Femina.

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Pierre Jourde : L’Auvergne de Vialatte est un ailleurs.

Pierre Jourde, universitaire, romancier et polémiste connu pour son fameux La littérature sans estomac (L’esprit des Péninsules – 2000), vient de faire paraître un nouveau roman Le Maréchal absolu (Gallimard), Prix Virilo 2012.
Par ailleurs, il tient un  blog, Confiture de culture, sur Bibliobs dont il a publié un florilège de textes dans  C’est la culture qu’on assassine (Balland/2012).

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Mammifère et Auvergnat

J’ai appris à sept ans que j’étais un mammifère, autour de huit ans que j’étais un Auvergnat.
Alexandre Vialatte in L’Auvergne (Sun – 1962).

Alain Rey : Vialatte amoureux du vocabulaire.

Alain Rey,  est un observateur iconoclaste de l’évolution de la langue française qu’il traduit dans les dictionnaires  qu’il dirige.  Il incarne une langue française moderne, n’hésitant pas à inclure dans ses dictionnaires du verlan ou des régionalismes.Lire la suite

Robert Sabatier : Rencontres avec Alexandre Vialatte.

Robert Sabatier (1923-2012) a écrit des romans, des essais, des recueils d’aphorismes et de poésies. Son enfance  lui a  inspiré sa série romanesque Les Allumettes suédoises (six volumes) porté à l’écran par Jacques Ertaud.
Il était entré au Jury Goncourt en 1971.Lire la suite

L’Auvergne de Vialatte

Pour illustrer l’Auvergne de Vialatte, deux types de textes. Ceux extraits de L’Auvergne (Editions Sun) et d’autre consacrés à Henri Pourrat.

Textes extraits de L’Auvergne – Éditions Sun 1962

Origine._ (…) J’ai appris à sept ans que j’étais un mammifère, autour de huit ans que j’étais un Auvergnat. Ce sont des choses dont on se sent flatté, un peu gêné, un peu inquiet, vaguement honteux. On se demande si les autres aussi sont mammifères ou Auvergnats. Et s’ils le savent.Lire la suite

« L’Auvergne est pascalienne, au fond »

(…) Quant à moi, s’il me faut trouver, pour illustrer cette province amère, quelque vignette symbolique dans ses sites ou ses statues, je n’irai pas chercher dans les endroits illustres ni dans les châteaux dont l’histoire a décoré ses basaltes hautains ; mais, sur la montagne anonyme, à quelque carrefour perdu des vieilles routes, une auberge qui sent le brouillard, la suie, le mouton, la résine. Lire la suite

Battling le ténébreux, la préface de 1928

Nous nous retournerons souvent…
Passons, passons; puisque tout passe
(Guillaume Apollinaire, Alcools)

 » J’AI retrouvé ta trace, vieux Paul, sous une odeur de camphre et de roses, dans un hôpital militaire où l’administration distribuait les convalescents par groupes de quatre sur des bancs verts avec des pieds de fonte, devant les allées lisses comme des ruisseaux figés qui reflétaient l’ombre des pivoines. Un vieillard fou, mais ponctuel, venait tous les jours, à deux heures, offrir des roses à l’infirmière major, et lui réclamer, avec des gestes polis, la succession de son frère mort depuis quinze ans.Lire la suite

Vialatte et l’Auvergne

Lui que l’on dit très auvergnat, n’aura fait que de courts séjours dans cette région. Tous déterminants.
A l’adolescence, il séjourne à Ambert (Puy-de-Dôme). Se lie d’amitié avec les frères Pourrat (biographie, textes). Henri, l’aîné, le maître ; Paul, l’ami que la tuberculose emporte très jeune. Cette période sera pour lui une source inépuisable d’images, de savoir et de fantaisie. « Paul, souviens-toi des jeudis obscurs dans ce magasin (…)  » (préface de Battling le ténébreux – 1928).
Il fera un deuxième grand séjour en Auvergne, pendant la guerre. Une fois démobilisé, il s’installe à Saint-Amant-Roche-Savine (Puy-de-Dôme), où il écrit Le Fidèle Berger (Gallimard).

J’ai appris à sept ans que j’étais un mammifère, autour de huit ans que j’étais un Auvergnat…

(…)  J’ai appris à sept ans que j’étais un mammifère, autour de huit ans que j’étais un Auvergnat. Ce sont des choses dont on se sent flatté, un peu gêné, un peu inquiet, vaguement honteux. On se demande si les autres aussi sont mammifères ou Auvergnats. Et s’ils le savent.
J’ai été très content de devenir Auvergnat. J’en espérais je ne sais quels avantages. Avec malgré tout un peu de trac, comme quand on choisit une carrière. Je ne savais pas si c’était bien, si c’était mal, ni ce qu’il fallait en faire au juste. Il en allait comme de ces étranges objets qu’on trouve dans les cornets surprise. On veut en être heureux parce qu’on les a trouvés, mais on n’en voit pas bien l’usage, et on regrette confusément ce qu’on aurait découvert dans un autre cornet. Quoi qu’il en soit, les dés étaient jetés ; j’embrassai bravement la carrière.
Jusqu’à ce moment décisif, j’avais toujours pensé que l’Auvergne était un pays fabuleux inventé par ma tante Lucie pour y loger plus aisément quelques vieilles histoires de famille. On y tournait la fourme, on y perlait le tulle, on y fabriquait la dentelle, on y jouait le quadrille des Lanciers. Ma tante Lucie avait tant de fraîcheur d’âme qu’elle rêvait de faire son paradis à bicyclette et d’y visiter l’Australie. Son salon était décoré de portraits d’oncles qui étaient revenus tout ébréchés de la campagne du Mexique. Le fond représentait des champs de bataille. Le reste n’était que fleurs sèches et vases de mois de Marie. Elle arrivait de ces étranges décors, noire de la fumée des trains, armée de fourmes d’Ambert, de chèvretons, de sucre de pomme, de chapelets en « larmes de Job ». Si bien que l’Auvergne était pour moi comme une espèce de réservoir de la merveille. Les grands magasins du bonheur. Lointaine, inexistante, telle la Samaritaine, le Printemps ou le Bon Marché, elle avait dû être fondée, comme toute maison vraiment sérieuse, autour de 1848, par deux frères qui avaient leur portrait sur les factures et dans le dictionnaire.
Je cherchais le mien, puisque j’étais un Auvergnat, dans l’Auvergnat des assiettes peintes qui décoraient la maison familiale. J’aimais assez sa culotte de zouave et son biniou. Mais j’appris par la suite que l’Auvergnat d’assiette est un Breton en costume de Quimper.
J’ai connu depuis une Auvergne plus vraie. J’ai su sa neige et ses sapins intransigeants, ces longs charrois qui passent lentement dans la forêt et qu’un garçon conduit, la veste sur l’épaule, aussi raide qu’un saint de bois… Et les scieries au bord des routes, et les auberges dans les cols… J’ai connu l’Auvergne absolue, dans sa haute mélancolie (…).

(In « L’Auvergne »  – Tourisme France numéro 9 – pages 20 et  25) – aux éditions Sun Paris)

 




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Alexandre Vialatte
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