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Vient de paraître : Correspondance Vialatte-Pourrat (Tome VI/1939-1942)

Outre l’ensemble de l’oeuvre de Vialatte, déjà publiée ou re-publiée auprès de plusieurs éditeurs (voir Bibliographie), vous trouverez ci-dessous les dernières parutions relatives à Alexandre Vialatte.

  • Parutions récentes :

  • Alexandre Vialatte et les Cahiers du Sud. (Décembre 2012). Correspondance entre Jean Ballard et Alexandre Vialatte.
    Au Signe de la Licorne. Préface d’Alain Schaffner. Avant-propos de Pétrus Batselier.170 pages. 25 euros.
  • Correspondance Alexandre Vialatte/Henri Pourrat, Tome VI : Les temps noirs 1939-1942 (3 janvier 2012/Presses universitaires Blaise-Pascal de Clermont-Ferrand). Edition établie par Dany Hadjadj, professeur émérite de linguistique à l’Université Blaise-Pascal.

  • Vialatte à La Montagne (20 octobre 2011). Une coédition Julliard/Centre-France, regroupant les 13 chroniques rééditées par le Groupe, cette année, et une brassée d’autres, parrainées par de fervents vialattiens : Amèlie Nothomb,Laurence Cossé, Bertrand de Saint-Vincent,Pierre Jourde, François Taillandier, etc.
    Préface de Jean-Pierre Caillard, PdG du groupe Centrefrance.Lire la suite

Philippe Vandel : Google, Nietzsche et Kafka

Philippe Vandel, journaliste et chroniqueur radio et télévision. Lire la suite

Libération Next – 21 décembre 2001

Philippe Lançon.  Alexandre Vialatte Mon Kafka. Kafka est grand et Vialatte fut son prophète, pas toujours bien entendu. Dans les années 20, l’écrivain auvergnat vit en Allemagne. Il découvre «dans la neige» un auteur mort et inconnu. Son nom signifie en tchèque «choucas» et il va devenir «le pseudonyme de la solitude». Vialatte traduit Kafka. Il le commente aussi, avant tout le monde. Cette édition reprend les textes consacrés à son fétiche pour mieux en éclairer la lecture. Lire la suite

Kafka

Alexandre Vialatte travaillait à Mayence, comme secrétaire de rédaction à La Revue Rhénane, quand il a découvert les textes de Franz Kafka. Il a écrit ce texte, fameux, pour décrire comment lui était apparu Le Château, qu’il traduira pour Gallimard, grâce à Jean Paulhan, ainsi que la plupart de ses textes, La métamorphose, La colonie pénitentiaire… Il trouve dans Kafka le fantastique et l’humour, l’imagination et la dérision, l’absurdité et la mélancolie qui caractérisent ses propres romans.
Vialatte traduira également les plus grands auteurs de langue allemande, Nietzsche, Thomas Mann, Gotfried Benn, Hofmannsthal, etc… Lire la suite

Le Kafka de Vialatte

C’est kafkaïen !
L’opinion s’est accréditée que la vie serait un cauchemar de Kafka. Un soulier qui écrase une punaise. En laissant une tache sur le plancher. Pour le dégoût du locataire suivant. De bons jeunes gens, sur ces informations, ont pensé qu’il fallait la vivre dans un désespoir théorique, sans obligation ni sanction, de préférence avec les cheveux sales, autour d’un appareil à sous. Que c’était bien bon pour elle. Qu’il y avait là une attitude profonde. Cette opinion est très exagérée.

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Comment les lansquenets d’Allemagne comprennent le goût des aventures violentes

Le racisme a fondé pour la défense de ses intérêts une foule d’associations secrètes de « lansquenets » qui se distinguent par leur antisémitisme, leur violence et leur besoin d’argent. Un grand appétit de sensations dramatiques — explicable par la latitude et le climat — joint à la nécessité d’entretenir une discipline sévère entre les complices, ont rendu le meurtre indispensable dans ces associations. Des francs-juges expédient des condamnations foudroyantes, instructives et d’un pittoresque qui doit tout à la nature : sous-bois, nuages, nuits d’automne… L’argot des « lansquenets » prête une valeur moderne et tragique à ces accessoires désuets de la « mort blanche » qu’ils attendent en violant les femmes et pillant les paysans.

Notre-Dame de la Froid-Font

Accorde un chaud soleil aux pauvres lansquenets.

Pour ne pas geler,

Nous arrachons au paysan

Sa chemise de laine :

Elle lui va si mal !

Il y a, malgré tout, une tristesse dans la destinée de ces gamins qui finissent au coin d’un bois, dans une tombe mal recouverte, parce que le génie étrange de leur race les poussait à des jeux malsains, et parce qu’un soir de leur adolescence, trompés par des lectures, séduits par des étiquettes menteuses, ils sont entrés sans trop savoir à l’auberge des mauvais garçons. C’est de là que partent les routes qui ne reviennent pas. « L’un apprit à voler, l’autre trahit sa patrie, un autre viola une jeune fille, un autre vivait d’une femme ; celui-ci était ivrogne, celui-là devint joueur. Et tous se réjouissaient de la guerre civile, du pillage, de l’incendie, du meurtre et de l’asservissement du peuple. »  J’extrais ces lignes des Mémoires de l’un d’entre eux.

C’est de même que j’emprunte ce passage où se trouve décrite la fondation de la Reichswehr noire, armée illégale et puissante, qui a fait assez parler d’elle : « Schulz nous fit tous prêter serment sur son épée. C’était la nuit. Le clair de lune jetait sur les vieux murs gris de la forteresse une lueur solennelle ; nous étions six quand nous remarquâmes qu’on nous écoutait ; après avoir poursuivi l’espion à travers les couloirs du fort, nous l’attrapâmes ; il fut abattu et enterré. Après quoi, nous renouvelâmes notre serment sur la tombe de la victime. Il y eut ensuite une beuverie où l’on porta la santé de la nouvelle Allemagne avec des mains sanglantes. »

Deux mois après, l’un des conspirateurs déclarait : « C’était une heure sublime, celle où l’on jure fidélité au chef sur la tombe même du traître ! »

Le même ancien « lansquenet » décrit encore les uniformes projetés pour le ler  régiment de la garde de l’« État militaire » que devait constituer l’Allemagne après le coup d’État des « Noirs ».

Nous avons dévoré dans notre enfance des ouvrages ornés de gravures impressionnantes représentant des conspirateurs en grand uniforme. Mais les dessins de Ziem se trouvent affadis par les photographies des journaux du soir que des hommes maigres, longs, bardés d’étiquettes et coiffés de shakos en carton bleu vous remettent pour un groschen : cagoules, masques, épées brisées, têtes de morts, rien n’y manque.

Peut-être l’Allemagne cessera-t-elle d’être à redouter le jour où les cireurs de bottes de la Potsdamer Bahnof dépouilleront spontanément leurs uniformes grenat ornés de brassards mauves et de lettres d’or.

L’intransigeant, 28 octobre 1925.

(In les Bananes de Königsberg – Éditions Julliard 1985)

Vialatte et l’Auvergne

Lui que l’on dit très auvergnat, n’aura fait que de courts séjours dans cette région. Tous déterminants.
A l’adolescence, il séjourne à Ambert (Puy-de-Dôme). Se lie d’amitié avec les frères Pourrat (biographie, textes). Henri, l’aîné, le maître ; Paul, l’ami que la tuberculose emporte très jeune. Cette période sera pour lui une source inépuisable d’images, de savoir et de fantaisie. « Paul, souviens-toi des jeudis obscurs dans ce magasin (…)  » (préface de Battling le ténébreux – 1928).
Il fera un deuxième grand séjour en Auvergne, pendant la guerre. Une fois démobilisé, il s’installe à Saint-Amant-Roche-Savine (Puy-de-Dôme), où il écrit Le Fidèle Berger (Gallimard).

Vialatte et Kafka

En 1925, alors qu’il réside à Mayence et travaille pour La Revue Rhénane, il découvre les écrits (*) de Franz Kafka (1883-1924). Un auteur qui le surprend d’abord. Qu’il admire profondément et l’influencera durablement. Mais dont il parlera toujours de façon singulière, pour en souligner le rire, sous la gravité (Voir Mon Kafka, Les belles lettres).
Il en traduira les principaux titres (Le Procès, La métamorphose, L’Amérique, La Colonie pénitentiaire, etc.). Et traduira également Nietzsche, Thomas Mann, Brecht, Goethe, von Hoffmanstahl, Gottfried Benn, Franz Werfel…

(*)« Il neigeait. Le facteur ouvrit la porte. Il ressemblait à l’arbre de Noël. C’était le vrai facteur allemand (…) il riait comme un ogre, il avait l’air d’avoir fondé lui-même l’Empire Allemand. Un fondateur, voilà la chose (…) Il posa sur ma table, avec une main poilue, un paquet de la taille et de l’épaisseur d’une brique. Quel monument voulait-il bâtir ? J’ouvris, c’était Le château de Kafka » (Mon Kafka, Les Belles Lettres).

Maurice Nadeau, éditeur : J’ai découvert Kafka grâce à Vialatte.

Vialatte et l’Allemagne

Il fera deux séjours principaux en Allemagne.
Le premier durera prés de 7 ans. En 1922, sur la recommandation de Jean Paulhan, il est nommé rédacteur en chef de La Revue Rhénane, revue qui avait pour ambition de rapprocher les deux peuples par l’art, la littérature, la culture.
Il découvre l’œuvre de Franz Kafka et ne cesse d’observer ce pays. Analyse les mouvements qui le travaillenten secret. De jour en jour, il suit la montée du nationalisme, les progrès du nazisme, dans des textes qui paraissent, rétrospectivement, singulièrement juste et prophétique.

Le second séjour aura lieu après la deuxième guerre mondiale. En 1945, grand reporter, il revient pour suivre le procès des gardiens du camp de Bergen-Belsen.

Voir Les bananes de Koenigsberg (Julliard, puis Pocket),  ainsi que le deuxième tome de la Correspondance Pourrat-Vialatte (Presses Universitaires Blaise Pascal).

Philippe Meyer, Journaliste, chroniqueur et écrivain, lit un extrait  des Héros vestibulaires

Biographie détaillée

  • Pierre, son frère, et Alexandre Vialatte en 1910

    1901 : Naissance à Magnac-Laval (Haute-Vienne). Son père est capitaine.

  • 1901-1913 : La famille Vialatte séjourne à Toulouse (Haute-Garonne) puis au Puy-en-Velay (Haute-loire).
  • 1915 : Le capitaine Michel Vialatte est prématurément mis en retraite pour raison de santé. La famille Vialatte s’installe à Ambert. Rencontre Paul et Henri Pourrat.
  • 1916 : Interne au lycée Notre-Dame-de-Mont-Roland à Dôle (Jura).
  • 1917 : Début de sa correspondance avec Henri Pourrat.
  • 1918 : Obtient la baccalauréat (mathématiques). Entre à l’école Sainte-Geneviève de Versailles.
  • Alexandre Vialatte
  • 1919 : Un accident à l’œil met un terme à ses rêves d’École Navale. S’installe à Clermont-Ferrand. Fait des études d’allemand. Obtient un poste de répétiteur à Thiers.
  • 1921 : Quitte le collège de Thiers. Obtient un poste de répétiteur à Ambert. Lecture du manuscrit de Gaspard des Montagnes.
  • 1922 : Part pour la Rhénanie comme « traducteur civil dans les bureaux militaires ». Séjourne à Spire puis à Mayence. Devient collaborateur de la revue rhénane Rheinische Blätter.
  • 1923 : Mort de Paul Pourrat.
  • Alexandre Vialatte, premier en partant de la gauche

    1924-1925 : Service militaire à Berlin.

  • 1925 : Découvre les écrits de Franz Kafka
  • 1928 : S’installe à Firminy (Loire). Parution de Battling le ténébreux (Gallimard).
  • 1929 : Épouse Hélène Gros-Croissy. S’installe à Clermont-Ferrand, rue Thomas. Parution de La Métamorphose de Franz Kafka (Gallimard)
  • 1930 : Naissance de son fils Pierre-Daniel.
  • 1933 : Traduit Le Procès et Le Château. Lauréat de la fondation Blumenthal pour Battling le Ténébreux.
    De gauche à droite Henri Pourrat, Alexandre Vialatte, la soeur d'Alexandre Vialatte.

    Collabore au Petit Dauphinois et au Moniteur sous le pseudonyme de François Jeudi et au Nouvel Âge sous son propre nom.

  • 1934 : S’installe à Paris, rue de Broca (XIIIe).
  • 1936 : Parution de La Basse Auvergne (J. de Gigord/Collection Gens et Pays de Chez Nous).
  • 1937 : Parution de Badonce et les Créatures, Le Concerto Européen, Cromwel et l’Enfant des Tropiques (Éditions de la Cigale). Part enseigner le français au lycée franco-égyptien d’Héliopolis au Caire.
  • Alexandre Vialatte, en compagnie de sa femme et de son fils.

    1939 : Retour en France. Incorporation. Collabore au Petit Dauphinois.

  • 1940 : Prisonnier. Puis malade, il est interné à l’hôpital de Saint-Ylie près de Dôle.
  • 1941. S’installe à Saint-Amant-Roche-Savine (Puy-de-Dôme).
  • 1942 : Rédaction du Fidèle Berger.
  • Alexandre Vialatte

    1944 : Retour à Paris. Part en Allemagne comme correspondant de guerre.

  • 1946 : Parution de L’Amérique de Franz Kafka. Adaptation du Procès pour le théâtre (André Gide/Compagnie Renaud-Barrault).
  • 1948 : Rencontre Ferny Besson. Parution de La Colonie Pénitentiaire de Franz Kafka.
  • 1951 : Parution des Fruits du Congo chez Gallimard. Collabore à la revue Opéra. Apparition de la formule « Et c’est ainsi qu’Allah est grand ».
    Alexandre Vialatte, lors du Prix Goncourt

    En décembre, premières chroniques à Marie-Claire et à La Montagne. Finaliste du Prix Goncourt qui sera décerné à Julien Gracq qui le refusera.

  • 1958 : Obtient le Prix des Volcans pour l’ensemble de son œuvre. Fait partie du jury du Prix des Volcans .
  • 1959 : Mort d’Henri Pourrat.
  • 1962 : Premières chroniques à Spectacle du Monde.
  • 1966 : Fin de sa collaboration à Marie-Claire.
  • Alexandre Vialatte

    1968 : Parution des Fruits du Congo en livre de poche.

  • 1969 : « Invité du Dimanche » à la télévision, interviewé par Rémo Forlani.
  • 1971 : Meurt le 3 mai. Parution de Battling le Ténébreux en livre de poche.

Introduction à Alexandre Vialatte

Alexandre Vialatte – 1901 (Magnac-Laval/Haute-Vienne) – Paris 1971

Les complicités durables

Alexandre Vialatte chroniqueur, romancier et traducteur, appartient à la caste des écrivains touche-à-tout. Il avait pour terroirs L’Auvergne et l’adolescence, et un grand auteur de référence, Kafka, qu’il s’amusait à trouver drôle, pour mieux dissimuler ses chagrins sous des pitreries verbales qu’il mâtinait d’étonnements, de fausse innocence, d’érudition, de rigueur et de pure fantaisie. Curieuse alchimie dont il a fait un style. Le style Vialatte.

Alexandre Vialatte n’a pas fait carrière. Il s’est fait des amis, s’est acquit des complicités. Très fidèles. Durables et renouvelables. Au point d’être plus célèbre aujourd’hui que de son vivant.

Toute l’ambition de « 2011-Année Vialatte » serait d’élargir encore ce cercle.

Vialatte: chroniqueur, romancier et traducteur
par Jérôme Trollet, président de l’Association des Amis de Vialatte

Libération – décembre 2000

Jean-Pierre Thibaudat. Bouquet de Vialatte.  (…) Dix-huit ans durant, chaque semaine, Vialatte ramasse son temps à la petite cuillère et en fait des berlingots. Il a ses marottes comme l’écrevisse, le poireau, la grammaire française où ; l’Auvergne ; des personnages qu’il aime récurer comme Minou Drouet ou Brigitte Bardot ; des écrivains qu’il chérit comme Armand Gatti, Jean Dutourd et d’abord Henri Pourrat ; des amis de toujours comme le peintre Jean Dubuffet et le dessinateur Chaval dont il ne rate aucune exposition. Lire la suite

Jean Paulhan (1884-1968).

Jean Paulhan (1884-1968)a été un soutien constant pour Alexandre Vialatte, qu’il a connu très tôt, par l’entremise d’Henri Pourrat. Il l’a recommandé comme rédacteur à La Revue Rhénane, il a édité ses romans et suivi cette longue aventure, semée d’embûches, de multiples difficultés que fut la traduction des oeuvres de Kafka.Lire la suite




CITATION
Alexandre Vialatte
TEXTE DU MOIS
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Correspondance Vialatte-Dubuffet La-Licorne Bestiaire de Philippe Kaeppelin Vialatte à 65 ans Amélie Nothomb Michèle Lesbre Philippe Kaeppelin Les Fruits du Congo alexandre-vialatte_8898462 Carte de presse d'Alexandre Vialatte Rinaldi  Angelo Portraits d'Alexandre Vialatte Pierre Vialatte
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